dimanche, avril 15, 2007

Casa qui pleure

Il était comme écrasé, son corps gisant au milieu de la chaussée. Je l'ai regardé dans les yeux. Il semblait dormir, la bouche grande ouverte. Avec celui de samedi, j'en étaits à mon cinquième ou sixième kamikaze vu de près. Cette fois, je ne savais pas trop quoi penser de ce corps agglutiné à mes pieds, de cette tête ... Avoir pitié de ce jeune qui a peut être mon âge ? Je pense à ses parents, ses frères et soeurs, ses voisins ... sa dernière vision du monde, la fraction de seconde où il a réalisé qu'il ne pouvait plus faire marche arrière. La pitié, voila le seul sentiment que j'ai éprouvé face à ce "cadavre", objet de toutes les curiosités sur le boulevard Moulay Youssef, par un samedi matin ensoleillé. De quoi demain sera fait ?

DB.

mercredi, février 14, 2007

Paris qui rit

Un petit poste rapide depuis la capitale des lumières. Arrivé hier soir, mes premiers pas m'ont, presque naturellement, guidé vers le premier magasin Virgin encore ouvert à 21h. En cette période de campagne électorale, les meilleurs ventes sont à chercher du côté des politiques. Les prix gancourt attendront quelques semaines encore. Pour l'instant, c'est Sarko, Ségo et bayrou à toutes les sauces. Impressionnant. Même Claude Chirac, la fille/mère du tonton président n'y échappe pas. Le plus rigolo, c'est que même les BD s'y mettent. Des bulles à ne plus en finir, à l'humour et à la pertinence inégales mais toujours agéables à feuilleter. Ici, les politiques se dispurtent pour mériter leur guignols, chez nous, certains s'emportent encore quand leurs conseillers laissent passer une photo où ils ne se trouvent pas beau. Peut être qu'il faut laisser le temps au temps aussi ...

DB.

lundi, février 12, 2007

Quand la terre tremble

Une secousse a appremment été ressentie aujourd'hui à Casablanca, Rabat, Kénitra et Meknès. Personnellement, je n'ai absolument rien ressenti mais je retiens quelques perles, 100% marocaines (et que j'adore) :
- Quelques minutes après la première (faible) secousse, des dizaines de personnes étaient rassemblés en bas des immeubles. Tous affichaient un sourrire pour le moins intriguant.
- Les files qui se sont constituées depuis l'aube devant les agences Méditel et Wana n'ont pas bougé d'un iota. Personne n'a paniqué. Tous se sont accrochés à leurs place pour accéder au dernier sézame à la mode : le portable à 99 Dhs. Personne n'est jamais mort d'une petite secousse, voyons !
- Les consulats français et espagnols ont fermé leurs portes à 10h 45. Comme quoi, tous les prétextes sont bons pour refuser leurs visas aux quelques bougnoules amassés à l'entrée.

Sans rancune.
DB.

jeudi, février 01, 2007

Payes ta vignette et tais toi !

Oui, je fais partie de ces gens qui font la queue chaque 31 janvier devant les guichets des perceptions d'impôts pour payer leur vignette auto. Oui, je ne m'y prends jamais à l'avance et finis toujours par le regretter. Ce 31 janvier, il était à peine 8 heures 20 quand je me suis pointé devant Dar Dariba, mais la file était déjà monstrueusement longue. Certains étaient là depuis 6 heures 45. A l'ouverture des portes, beaucoup (dont moi) ont du jouer des coudes pour ne pas se laisser piétinner par tous ces si enthousiastes payeurs d'impôts. Ceux qui arrivaient les premiers devant les guichets affichaient un drôle de sourrire, digne des plus grands gladiateurs. Tous payaient avec ardeur, jusqu'à 4000 Dhs cash (je sais, c'est incensée comme expression, mais que voulez-vous ?). Courrir payer ses impôts, se bousculer pour honorer sa dette envers l'Etat ... on se croirait en Scandinavie. Rien que pour ça, je crois bien que l'année prochaine, je trainerai jusqu'au 31 janvier. Encore une fois !

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dimanche, janvier 21, 2007

Un grand s'en va !

Ironie du sort, je retrouve mon blog à l'occasion du départ d'un grand homme. Samedi 20 janvier 2007, Le Journal Hebdomadaire avait un nouveau directeur de publication, Ali Amar. Aboubakr Jamai se retirait ainsi définitivement du journal qu'il a créé en 1997. Triste destin.

J'ai assisté à la conférence de presse d'Aboubakr. Non, il n'a pas joué aux victimes. Non, il a refusé qu'on le présente comme un héros. Il a, dit-il, préféré se retirer dignement pour sauver l'entreprise, contre laquelle risque de se retourner le très controversé Claude Moniquet, pour le paiement d'une amende démesurée de 3 millions de dirhams.

Soyons clairs, Aboubakr, qui quitte par la grande porte, ne mourra pas de faim. De prestigieuses universités de par le monde lui offriront volontier un confortable siège de conférencier international, de multiples multinationales et organisations rêverait de le compter parmi leurs conseillers. Tant mieux. Il le vaut bien. Mais je suis triste pour ce pays qui pousse vers la sortie l'un de ses plus brillants éléments parce qu'il pense différement, parce qu'il dit non, plus souvent que les autres.

Personnellement, c'est grâce au Journal que j'ai découvert une bonne partie de l'histoire interdite de ce pays. Si ce n'est que pour ça, mille merci. Heureusement, même sans Aboubakr, Le Journal continue ... telquel.

DB.

mardi, septembre 26, 2006

Bon ramadan ... à ceux qui y croient !

"Et pourquoi je devrai faire le Ramdan a sidi, yallah ga3 !". Cette question / affirmation m'a été posée par un ami sur la terrasse d'un café casablancais, la veille du premier jour du Ramadan. Et alors, répondis-je, le Ramadan est un acte religieux que chacun est libre de pratiquer ou pas ... tout comme la prière, la zakat, le haj, etc.

Et pourtant, au fond de moi, la question de mon ami m'a sérieusement embarrassé. Parce que comme lui, nous sommes plusieurs à nous poser des questions, défendues il y a encore quelques années. Pourquoi jeûner ? Pourquoi donner ? Pourquoi devoir faire ceci ou cela ? Sous d'autres cieux, on appelle cela un esprit critique. Chez nous, jusqu'à il y une dizaine d'années, c'était de la d’sara.

Mais revenons au Ramadan. Mon ami est-il capable de trouver une réponse à sa question ? Rien n'est moins sur. Notre apprentissage de la religion a toujours été basé sur deux choses, totalement irrationnelles : les interdits et la punition suprême : l'enfer. Combien d'entre nous savent pourquoi il faut prier, que le jeûne peut avoir des vertus purificatrices sur l’âme et le corps, quelle est notre conception de la religion, de la spiritualité ? Silence radio.

Aujourd’hui, le monde a changé. Les langues se sont déliées et le sacré perd chaque jour un peu plus de terrain au profit de la logique et de la raison. Ma petite nièce (4 ans) attaque Power Point après avoir maîtrisé Word, elle trouve « que la vie est compliquée », parle quelques mots d’anglais et peut vous demander de « la rappeler parce qu’elle est occupée ». Je ne pense pas que dans quelques années, elle jeûnera, juste parce que tout le monde jeûne et que sinon, elle irait en enfer.

DB.

mardi, septembre 19, 2006

Humeurs en vrac ...

Pensée du matin : Descartes doute, le marocain sait. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas, sans doute une affaire d'humeur matinale.
Bêtise du matin : le titre trône en gros caractère sur la Une de Attajdid. "Sheikh Qaradaoui autorise les marocains à contracter des crédits immobiliers à intérêts". Ta3t allah wash had nass 3endhoum shi 3qel ? Zaama, tout marocain du 21ème siècle que je suis, je vais attendre que le valeureux sheikh qui habite à côté d'une base militaire américaine au Qatar, m'autorise à contracter un prêt pour habiter ... chez moi. Ce truc, chez nous au Maroc, on l'appelle Dkhoul F'sehha, pour rester poli ! Et puis vous savez quoi ? L'autre jour, le même cheikh a autorisé sur Fatwa, une chanteuse "pulpeuse" libanaise, à se trémousser tranquillement sur scène parce qu'elle a fait une chanson pour le Liban, et parce que le vieux Sheikh dit s'être assuré de sa bonne ... foi. C'est quand qu'il se mettra aux visas Shengen spécial paradis le vieux moufti ?
Pensée du matin : Cette pensée va peut être m'attirer des foudres mais elle va à Hamidou Laânigri. Je fais ma revue de presse ce matin et je lis, je vois des caricatures humiliantes traitant de sa disgâce. Tout en reconnaissant à tous les journaux leur droit à caricaturer tout et n'importe quoi, je garde une petite pensée humaine pour un homme au parcours impressionnant et un militaire tenace qui s'est fait lui-même, malgré ses nombreuses dérives.

DB.